DECOUVRIR LE JAPON AVEC UN AUTRE REGARD

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Lettre à un ami

Ci-après, le courriel que je viens d’adresser à l’ami jurassien qui m’avait fait parvenir un commentaire à propos de que j’avais écrit en rapport avec  la récente élection présidentielle en France.

Salut P…,

Merci pour ton commentaire.
A  chacun sa façon de voir les choses. Je continue de penser que Sarkozy a été victime d’une campagne vicieuse de dénigrement généralisé et systématique, alors qu’il a quand même fait un tas de choses très positives tant sur le plan intérieur qu’extérieur durant son mandat. La victoire, par une très mince différence de 3% des votes , confirme en tout cas la division traditionnelle du pays en deux camps. Il ne faut oublier que 48% des Français ne supportent pas Hollande. La balle est dans son camp et il a droit pour l’instant au bénéfice du doute. Il faut lui laisser au moins une année pour le juger. Je respectais Mitterand qui était un grand bonhomme et un grand homme d’état. Mais tout le monde ne peut pas s’improviser François  Mitterand…J’aime aussi  Martine Aubry, une femme de tête qui, à mon avis, ferait un excellent premier ministre…

La plus grave erreur de Sarkozy a sans doute été de ¨désacraliser ¨ la fonction de Président de la république, et je crois que c’est ça, avant tout, qui lui a valu l’antipathie de la moitié des Français. Un peu comme Giscard d’Estaing qui s’invitait à déjeuner dans les foyers,  en pullover, sans se rendre compte qu’il était un peu ridicule.

Pour changer de sujet, t’es-tu deja remis au vélo?  Je viens de faire 22km à bécane  tout à l’heure et je me sens vraiment bien.

Bonne route !

Jean-François

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Aujourd’hui, pris d’une terrible nostalgie…

Aujourd’hui, pris d’une terrible nostalgie et profondément déprimé,  je m’ennuie de Rodrigues…

De retour à la maison, j’ai navigué sur l’internet, et trouvé cette vidéo de ¨ séga ¨( danse propre à Maurice et Rodrigues ) qui, à mon avis, transmet très bien l’atmosphère de sensualité propre à cette petite île perdue dans l’Océan Indien… Celle de gens qui sont vivants, loins du brouhaha du monde extérieur, et heureux d’être comme ils sont. Les autres vidéos du site méritent aussi un parcours, pour découvrir non seulement la danse ¨séga ¨ mais aussi  toutes les danses  populaires- polka, bourrée etc…-introduites autrefois par les Français et qui ont survécu,  comme par miracle, avec la musique de l’accordéon.

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Élection présidentielle en France- Les Français se sont prononcés pour le changement

Les Français ont voté hier en choisissant François Hollande comme nouveau Président de la République avec 51,56 % des suffrages, contre 48,44% en faveur du Président sortant. Comme l’a souligné Nicolas Sarkozy dans son discours final, où il s’est montré très bon perdant, sans haine ni  rancune, ils ont exprimé un choix qui doit être respecté selon les règles de la démocratie. La droite, si elle est battue de 3,12%, n’en est pas pour autant défaite. Tous mes voeux accompagnent le nouveau Président, en espérant qu’il saura gouverner le pays au nom de tous les Français, qu’ils soient de gauche ou de droite, sans aucun esprit  partisan. Les urnes le jugeront dans cinq ans.

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Election présidentielle en France- Si j’étais français, je voterais Sarkozy!

Grâce à You-Tube, j’ai pu regarder les moments majeurs du récent débat télévisé entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. À très franchement parler, les prémisses de ce débat m’ont profondément dégoûté.
Car  ce n’était pas un débat mais un véritable procès, dont le premier mentionné plus haut s’était fait le juge, en réduisant le second au rôle d’accusé. A bien écouter M.Hollande, tout ce qu’a fait M.Sarkozy durant ces cinq dernières années ne vaudrait strictement rien. Ce qui revient à dire : ¨ Vous êtes un zéro, et vous n’avez qu’à dégager! ¨. À mon avis, c’est faux et en plus terriblement injuste. Car Nicolas Sarkozy, malgré son style autoritaire qui déplaît à beaucoup de Français, a quand même imposé, comme de Gaulle, l’image d’une France qui agace parfois mais que  le monde respecte. M.Hollande me rappelle étrangement les leaders actuels du Jiminto  ( Parti Libéral-Démocrate ) au Japon qui, depuis qu’ils ont perdu le pouvoir  face au Minshuto ( Parti Démocrate ) , après 45 ans de règne ininterrompu ( quelle étrange démocratie,entre nous , que celle du Japon qui, jusqu’à il y a quelques années, ignorait totalement la règle de l’alternance  ! ), se sont mués en critiques aveugles et stériles de tout ce que fait le gouvernement en place, avec l’aide des mass-media, sans faire l’effort de reconnaître les bons points de l’autre. C’est de bonne guerre, me dira-t-on, dans un débat télévisé. Non,  je ne suis pas d’accord. Parce que M.Hollande, à mon avis, est allé trop loin dans ses critiques, en affichant un mépris total à l’égard de son adversaire et en le dénigrant constamment, ce qui n’est vraiment pas très élégant  dans un monde civilisé …ceci alors que le second est toujours demeuré très correct à son égard. Si j’étais français, je voterais Sarkozy, car l’homme, malgré tous ses défauts ( mais qui n’en a pas ?) , me semble sincère, compétent et totalement dévoué à sa tâche, alors que son opposant, malgré toutes ses belles promesses,  manque un peu trop à mon avis d’humanité  et de charisme pour devenir le premier citoyen de France. Mais c’est bien entendu aux seuls Français qu’il appartient de décider de leur choix et d’en accepter  toutes les conséquences.

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1er mai 2012- Dans les jardins du temple Myokoji, Kakuda Yama

J’ai  dit des choses assez dures sur le Japon la dernière fois. Des choses qu’habituellement je garde en moi, sans les sortir. Mais qui n’en sont pas moins des vérités qu’il est bon de rappeler parfois. Il suffit d’ailleurs d’un tout petit incident banal- une remarque désobligeante, voire un regard condescendant – pour que l’envie vous en prenne.

En déclarant  tout haut que ce n’est pas drôle, quand on est étranger au Japon, d’être toujours considéré comme différent, de ne pouvoir être qu’un éternel ” gaijin “, mot japonais utilisé pour désigner l’étranger et qui signifie ” homme du dehors ” ( curieusement, on utilise la même expression en créole mauricien, ” dimounn deor ” !), ceci surtout si on a vécu  plus de 30 ans au Japon,  si on en maîtrise la langue et si on a fait un tas d’efforts pour s’imprégner de sa culture. Car le mot ” gaijin “, même s’il n’est pas méprisant, n’en contient pas moins un message implicite très clair, à savoir: “Quoique vous fassiez, vous ne nous comprendrez jamais  et vous ne serez jamais des nôtres car vous n’êtes  pas d’ici “.

Ce qui m’agace aussi profondément, c’est que les gens (  il y a bien entendu des exceptions, tant parmi les gens du peuple – j’insiste sur le terme du ¨peuple ¨, car les personnes de cette catégorie sont souvent beaucoup plus ¨ gentlemen ¨ dans leur façon de se comporter vis-à-vis d’un étranger que les représentants de la classe petite-bourgeoise  dominante-, que parmi les gens cultivés, et aussi parmi les Japonais  qui ont vécu un certain temps à l’étranger et qui sont capables, à la différence des autres, de regarder leur pays avec un certain recul ) ont tendance à fourrer automatiquement tous les étrangers dans le même sac,  sans faire l’effort  d’essayer de percer leur cuirasse, pour savoir qui ils sont vraiment et s’ils ont des choses intéressantes à dire ou non.

A moins évidemment que ne vous ne possédiez une certaine notoriété  ou un titre ronflant. Dans ce dernier cas, vous serez alors l’objet d’une admiration aveugle, comme si on était prêt à vous donner le bon dieu sans confession…J’en sais quelque chose pour avoir été longtemps attaché culturel à Tokyo et souvent gêné par ce titre encombrant qui d’emblée me mettait sur un piédestal, alors que j’aurais souvent préféré demeurer anonyme dans certaines situations…Par contre, quand je suis revenu au Japon, sans aucun titre cette fois, il y a une vingtaine d’années, je me suis très rapidement aperçu – des collègues étrangers m’avaient mis en garde à ce sujet autrefois , mais j’avais eu du mal à les croire-que je n’existais tout simplement plus pour un tas de gens avec lesquels j’avais pourtant entretenu des rapports que je croyais amicaux et cordiaux, à l’époque où j’étais diplomate…J’ai toutefois le privilège d’avoir trois vrais amis japonais qui me sont restés fidèles contre vents et marées.

Mais il est evident que des Japonais vivant depuis très longtemps en Europe pourraient sans doute me renvoyer  la balle en me disant qu’ils souffrent eux-aussi d’être toujours considérés comme des “hommes du dehors ¨ par les Occidentaux. Comme on dit en japonais ” Otagai-sama”, c’est sans doute notre lot commun à tous !

C’est 15h15. Je viens de terminer ces lignes installé devant la table du ¨ azumaya¨ ( petit pavillon, avec un toit supporté par quatre piliers, mais sans murs ) qui surplombe l’étang des  jardins du temple bouddhiste ” Myokoiji “, situé  en pleine nature au pied du Mont Kakuda, à une vingtaine de kilomètres de la ville de Niigata. C’est un lieu que j’aime beaucoup et que je fréquente depuis plusieurs années, appréciant son cadre, le calme qui y règne, agrémenté par le son de l’eau de la petite cascade qui s’écoule dans l’étang et par le chant des oiseaux.
Quelques images de ce jardin, prises tout à l’heure:

 

 

 

A partir de mercredi, ce sera la ” Golden Week ” , l’un des grands congés au Japon, synonyme comme toujours d’une véritable  transhumance de la population à travers l’archipel. Nombreux sont les Japonais, surtout les jeunes, qui en profitent pour voyager à l’étranger. Une période, comme celle des congés de fin d’année,  à éviter autant que possible pour un voyage au Japon, car les hôtels, les trains et les avions y sont toujours complets, et il y a foule partout.

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B.B. King, Buddy Guy, Eric Clapton et compagnie pour se changer les idées

Il y a des jours, comme aujourd’hui, où je m’en veux d’être toujours au Japon, un pays dont j’adore la vieille culture mais dont je n’apprécie guère la silhouette actuelle – celle d’un pays très triste, dont les habitants sont transparents, dépourvus de toute chaleur humaine et de toute convivialité. Surtout si on est étranger… Nous sommes tolérés, mais nous ne comptons pas. Faute d’appartenir au groupe, car malgré tous nos efforts, nous aurons toujours une tête d’étranger qui nous condamne à la différence. If you don’t like it, leave it ! J’en ai bien l’intention un jour. Entretemps,  je me console en écoutant du  ¨ blues ¨, une musique totalement étrangère au Japon, comme ce morceau qui réunit mes musiciens préférés, en pensant avec nostalgie à mes deux années passées autrefois à New York :

 

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¨ Hanami ¨ au parc Junsai Iké, Niigata- 22 avril 2012

Le début avril est une période idéale pour un séjour au Japon si l’on aime les fleurs, car c’est l’époque du ¨ Hanami ¨ ( plaisir d’admirer les cerisiers en fleurs ), une coutume extrêmement populaire dans ce pays. Son origine remonte à l’époque de Nara ( 710-759 )  où c’était un plaisir réservé aux membres de l’aristocratie. La coutume avait été introduite de Chine et, à ses débuts, ne considérait que les pruniers en fleurs. C’est à partir de l’époque Heian (794-1185) que les  cerisiers en fleurs ont progressivement pris la place des pruniers dans le coeur des Japonais.

Il y a plusieurs endroits fameux pour aller voir  les cerisiers en fleurs à Niigata. Les plus courus sont le ¨ Yasuragitei ¨, une promenade en bordure de la rivière Shinanogawa, et ceux du jardin du ¨ Geijutsu Bunkakaikan ¨, un vaste complexe culturel qui comporte entre autres une salle de concert symphonique et un théâtre Noh. Personnellement, je leur préfère de beaucoup le parc Junsai Iké, un peu loin du centre car il est situé dans la région de l’aéroport. Ce parc, assez mystérieux car il a pour site un vallon boisé au fond duquel se trouvent deux étangs, a en effet l’avantage sur les deux précédents, qui ont été  créés  artificiellement dans le cadre du plan de développement de la ville, d’être une réserve naturelle peuplée par de nombreux oiseaux. J’y suis allé hier après-midi avec beaucoup de chance car il faisait très beau et les cerisiers étaient magnifiques.

Ci-après, trois vidéos tournées à cette occasion. Le petit oiseau noir au bec rouge dont on entend la voix grincheuse dans la seconde vidéo, et que l’on voit apparaître dans la troisième, qui montre les reflets des cerisiers dans l’eau, est un ¨ Ban¨ , oiseau aquatique qui vit habituellement dans les étangs et qui a la particularité d’avoir des pattes aux doigts très allongés qui lui permettent de marcher sur les feuilles de nénuphars sans s’enfoncer dans l’eau.

 

 

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Extrait de mon journal- Vendredi 20 avril

C’est vendredi. Aujourd’hui aussi il fait beau! J’espère que ça va durer car, dans cette région ingrate de la Mer du Japon, on est toujours sous la menace d’une rechute brutale du temps durant presque toutes les saisons sauf l’été qui est très court mais, en revanche, presque tropical…le sable devient tellement chaud qu’il est impossible de marcher à pieds nus sur les plages en juillet et en août.

Après mes deux cours de ce matin, qui se sont bien passés- comme hier, j’ai pas mal tenu la scène :  l’enseignement,  c’est un peu comme au théâtre, il y a des jours où l’ on joue bien  son rôle, et d’autres où l’on se sent ridicule, surtout quand il faut parler pendant 90 minutes d’affilée… , je suis allé déjeuner avec N… au ” Lotus Land “.

Ça faisait longtemps que l’on ne s’était pas vus. Elle supporte très bien le passage du temps, quoi qu’elle en dise. Je trouve toutefois un peu dommage que nos relations soient si épisodiques, même si nous partageons beaucoup d’intérêts communs et pouvons parler des heures sans nous en lasser.  Mais c’est elle qui en a voulu ainsi, édifiant toujours des barrières autour d’elle et disant parfois des choses qui m’estomaquent tout en m’irritant profondément. Comme sa remarque, l’année  dernière, se résumant à me signifier qu’elle ne souhaitait plus  dorénavant que j’aille la voir chez elle à Niitsu, comme j’avais l’habitude de le faire autrefois,  pour mon plus grand plaisir, par peur du “qu’en dira-t-on “. Elle a beau être une artiste de grand talent, elle m’agace vraiment par son côté ” petit  bourgeois” et terriblement conservateur ( assez fréquent chez les artistes japonais, d’ailleurs, qui donnent souvent l’impression d’avoir remisé à jamais l’esprit révolutionnaire des années 60 et l’engagement politique ). Je trouve assez triste de devoir se préoccuper du ” qu’en-dira-t-on “  quand on est, comme nous, sexagénaires, un âge où l’on peut enfin se payer le luxe de limiter ses relations aux gens qui nous plaisent, de dire  “merde! “  aux emmerdeurs ( qui sont légions par les temps incultes que nous vivons) , et surtout de faire un pied-de-nez à la société et à ses prétendues bonnes manières, puisqu’on est déjà sur la voie de sortie et qu’on ne compte plus vraiment pour elle. Mais on est au Japon, il ne faut pas l’oublier, un pays qui, par tradition, encourage le conformisme et l’uniformité, un adage fameux disant d’ailleurs que l’éducation doit viser, entre autres, à  ” renfoncer tous les clous qui dépassent ” ….

C’est 15h30, je suis installé devant une table dans le parc de la piscine, tout près de l’aquarium municipal. Il n’y a personne sauf deux garçons qui font de la planche à roulettes, un autre qui s’exerce au volley ball, une mère et sa fille à lunettes, genre enfant sage, qui promènent leur chien, un mini-teckel. Comme toujours, on entend les cris des corbeaux qui vivent sans doute dans la forêt qui borde la mer. J’aime la silhouette tordue des pins maritimes qui font surgir en moi l’image des  vieilles estampes.

 

 

Point final!

 

 

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LE PLAISIR DES ASSOCIATIONS D’IDÉES

Ce matin, alors que je consultais sur l’internet la biographie de l’Amiral Horatio Nelson, un personnage qui me passionne depuis toujours, je suis passé ensuite à celle de sa compagne, Emma Hamilton. Ayant trouvé l’un des portraits en bacchante d’Emma Hamilton, peint à Naples par Elizabeth Vigée Lebrun, j’ai évidemment consulté aussi la biographie de cette très talentueuse portraitiste du 18ème siècle. Pour trouver cet autoportrait de l’artiste qui m’a ravi par sa fraîcheur et son charme, et qui figure dorénavant sur le fond d’écran de mon ordinateur. Je ne me lasse pas de le contempler tant je le trouve fascinant.

 

 

 

 

 

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Fête du Bouddha au temple Ryuunji, Nuttari- 14 avril 2012

J’étais assez déçu d’avoir manqué les cérémonies marquant le  ¨ Hana Matsuri¨ ( Fête anniversaire du Bouddha ) organisées dimanche dernier dans les temples du centre de Niigata. Pour mon bonheur, j’ai découvert entretemps que le Ryuunji, un grand temple de Nuttari, quartier populaire situé au nord de la ville, avait pour coutume de célébrer cette fête le 14 avril, essentiellement à l’intention des enfants. J’y suis allé hier après-midi. Pour ouvrir une parenthèse, Nuttari est un lieu qui s’ennorgueillit  d’une tradition beaucoup plus ancienne que celle de la ville de Niigata, dans laquelle il est inclus, étant donné que c’est à Nuttari qu’est apparu le premier peuplement dans l’antiquité, sous forme d’une forteresse primitive construite dans les marais. Les gens de Nuttari parlent d’ailleurs un dialecte distinct de celui  des habitants de Niigata et sont très fiers de leur différence.

La fête du Hana Matsuri à Nuttari commence par une procession qui fait le tour des temples du quartier.

Elle est menée par un groupe de musiciens qui utilisent des instruments traditionnels, le ¨Sho¨ notamment ( c’est l’instrument en bambou que les deux hommes en tête du cortège tiennent verticalement devant la bouche) dont l’origine remonte à la Chine antique et qui étaient utilisés pour la musique de cour. Cette musique  existe encore au Japon sous le nom de ¨ Gagaku ¨ et elle est pratiquée dans certaines cérémonies au Palais impérial de Tokyo. Suivent ensuite les enfants qui ont revêtu pour l’occasion un costume inspiré des images de l’époque médiévale. Une petite statue de Bouddha, juchée sur un éléphant blanc en carton-pâte ( visible dans la seconde vidéo) ferme la marche.

Quelques images de la procession:

 

 

 

Ensuite, c’est le retour au temple. L’éléphant blanc est installé  en haut des marches et les parents photographient leurs enfants devant lui:

 

Puis, tous les participants pénètrent dans le  ¨ Hondo ¨ ( bâtiment principal du temple )  pour écouter un sermon et prier. Les moines font leur entrée les uns après les autres, en jetant au dessus de la foule des petits cartons qui figurent le lotus, fleur du Bouddha.  C’est ensuite le sermon du jeune abbé du temple qui, contrairement à la tradition, n’a pas le crâne rasé, ce qui personnellement me choque mais confirme la tendance actuelle de beaucoup de moines japonais à se ¨vulgariser ¨ en menant la vie de Monsieur  tout le monde,  prenant épouse et profitant de tous les plaisirs matériels, contrairement à la règle ancienne qui imposait le célibat et l’austérité. Difficile dans ces cas-là de donner des leçons de morale aux gens, à mon avis. L’abbé insiste dans son sermon sur le fait que la vie est un don inestimable, comme l’a dit le Bouddha à sa naissance, et qu’il convient , dans les relations humaines, d’approcher l’autre avec humilité avec trois formules :  ¨ Gomen nasai ¨ ( Pardon ), ¨ Arigato ¨ ( Merci) et ¨ Dozo ¨ ( Je vous en prie ). Seuls les trois novices, à gauche, ont vraiment l’air de moines:

 

En finale, le chant des novices:

 

Je repars comblé par ce saut dans le vieux Japon, loin, pour un moment, du tohu-bohu de la vie moderne.

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